L'éveil

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L'éveil

Message  Carras le Mar 27 Mar - 11:17

Un son sourd, léger, métronomique.
De fines goutelettes perlent du plafond de la crypte et viennent s'échouer sur le bois vermoulu de mon cercueil.
Des chuintements, de petits cris strident.
Des rats grouillent, viennent gratter, renifler mon cocon d'infortune.

Bercé dans les ténèbres je suis plongé dans un rêve sans fin, une respiration aussi soudaine que violente m'en extirpe.
Je n'ai à ce moment aucunement conscience de mon corps, je suis habité par l'abîme, je me lève mécaniquement, ma démarche est saccadée, hésitante.
Des cris de terreur me parviennent de toutes part. Mu par instinct je gravis les marches une à une vers la sortie.

Cette enveloppe n'est qu'une parodie de corps, je me sens vide, inhabité.

De la lumière.

Une voix caverneuse, profonde étrangement rassurante.

*Le sombrejour réprouvé*

Vision d'horreur, un être décharné accoutré comme un prêtre se tien devant moi.
Un rictus vient meubler son triste visage alors que sidéré, je découvre autour de moi des dizaines de créatures semblables.

Certaines errent sans buts, d'autres prononcent d'étranges incantations et semblent tenter de maîtriser les éléments.
D'autres encore sont vêtus d'armures d'un autre temps et croisent le fer littéralement galvanisés par les hurlements d'un instructeur lourdement armé.

Je suis pris d'effroi, et pourtant je reste là, mon corps ne traduit rien de ma terreur.
J'ai envie d'hurler mais je ne le peux, mon âme est comme étouffée.
J'ai envie de pleurer mon desespoir mais je ne le peux, aucune larme ne sors de mes orbites.
J'ai le sentiment de sombrer dans la folie, de vivre un cauchemard éveillé.

*Voit, regarde tes frères de combat car bientôt tu feras parti des leurs.....Zucco*


Je détourne mon regard de cette scène de terreur vers le prêtre qui se tien sur ma droite, statique il me dévisage intensément je sens sa présence au plus profond de moi même.
Sa présence commence à me rassurer, l'enveloppe froide et inhabitée qui abrite le peu de conscience que j'ai des choses commence à prendre consistance.

Mon regard se porte sur mes mains, des lambeaux de chair à vif, des os apparents.

Et enfin je cris, un cri qui d'intérieur vient percuter le réel, déchirer la plaine devant laquelle je me tiens.
Un cri de fureur et de désespoir, mon regard se pose dorénavant sur le prêtre, de vide il devient habité par les flammes de mon âme consummée.

Ce prénom est le mien.
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