La Tour

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La Tour

Message  Gheryon le Mar 10 Avr - 0:50

Combien de fois, depuis mon éveil, ai-je survolé ce défilé escarpé, pierres grises comme les cendres, abymes froids comme la mort, et cette tour, et la légende qui l'entourait...


Medivh... Le Prophète.
Sa tour. Sa demeure. Lieu de mille légendes, sources des plus noires histoires, mystère intangible par son inaccessibilité.

J'ai rencontré Kadghar, depuis l'ouverture de la Porte des Ténèbres, et à moi comme à mes compagnons nous a été confiée une bien étrange tâche : accéder à cette tour, l'explorer, y démêler les mystères qui s'y cachent, la trame d'une sombre menace.

Nous sommes donc allés au pied de la Tour, non sans une certaine émotion, conscients de l'ampleur de la tâche, frémissants d'excitation.
Une grille fermée, c'est bien tout ce que nous avons trouvé, et quelques mages, des humains. L'Oeil Pourpre. Ceux-là nous guidèrent, avec la complicité de Kadghar, dans l'obtention de l'artefact qui allait nous ouvrir la voie : la Clé du Maître.

Bien des dangers, bien des combats, tant d'énergie, pour finalement nous entendre dire que seul Medivh lui même pouvait donner à ce piètre bout de métal le pouvoir d'ouvrir cette satanée grille.

MEDIVH LUI-MÊME !

Folie que cela, le Prophète était mort depuis longtemps, quel espoir avions-nous de le rencontrer ? Aucun, la déception pris place.

Mais le vieux continent, Azeroth, recelait encore bien des surprises, et nous apprîmes, presque fortuitement, que les Gardiens du Temps avaient besoin de notre aide.... Pour protéger Medivh.
Riant de cette bonne fortune, quelque peu inquiets néanmoins, ne sachant pas vraiment ce qu'il allait se passer, nous franchîmes ce portail vers le passé, le Noir Marécage.

Il était là, incantant. La porte devant lui n'était pas encore ouverte, et certains, d'étranges ennemis, semblaient déterminés à ce qu'elle reste close.
Obéissant à la demande des Gardiens, nous repoussâmes l'invasion, vague après vague, protégeant Medivh, luttant pour qu'il ne lui soit fait aucun mal, que le cours du temps passé soit préservé, et surtout pour que nous puissions lui soumettre notre requête, l'occasion était trop belle.

Une bataille sans fin, ils arrivaient de partout, nous n'en voyions plus la fin, comme si une armée entière avait décidé de nous marcher dessus, brisant nos os, piétinant nos corps.

J'avoue que les doutes m'ont assailli pendant un moment, mais la réussite fut de notre côté, et le Prophète sauvé.


L'homme ne prit notre requête que pour une formalité évidente, et y accéda, sans même nous questionner. Interloqués de tant de facilité, n'en revenant pas de notre bonne fortune, il nous fallut un certain temps pour reprendre nos sens, et prendre à nouveau conscience de l'ampleur de la tâche qui nous attendait.

Je me rendis sur les lieux, préventivement, tâchant de glâner quelques informations.

La Tour était majestueuse et inquiétante. Elle transpirait le mystère, le danger, la Mort. Mais nous allions l'explorer, car tel était notre tâche et notre souhait. Nous passâmes la porte, tremblant non de peur mais bien d'excitation, sans réelle conscience des dangers à venir, déterminés mais nantis d'une motivation et d'une volonté qui allaient faire trembler ces murs... à moins que ceux-ci ne nous consument.

L'épreuve pouvait commencer.

Afin de nous assurer d'un nettoyage en règle des lieux, nous commençâmes par aller salir nos mains et nos bottes dans les écuries.

Des fantômes.

Chevaux, palefreniers, rien que des fantômes. Âpres au combat, défendant fièrement chaque pouce de terrain, mus par la volonté de nous faire quitter les lieux, nous eûmes à lutter farouchement pour trouver le maître de cette aîle du chateau.

Mais en fait de maître, ce n'est guère que sa monture que nous trouvâmes : Minuit, un noir destrier, l'allié du Veneur.

Le combat avait à peine commencé qu'Attumen, courroucé de voir son cheval ainsi attaqué arriva, tentant d'occire chacun de nous à grands coups d'épées.
Mais ce soir-là, la détermination du Veneur n'était pas comparable à la notre, et il chût, honteusement, dans la paille et le crottin, nous laissant libre de poursuivre notre route.


La bataille avait été rude, mais semblait cependant tout à fait à notre portée. Confiant, nous nous ruâmes vers la salle du banquet, où nous attendait Moroes, le Régisseur.

Le constat fut amer : fou, méprisant de surcroît, ce Réprouvé-là n'en était pas moins un redoutable combattant, qui nous donna, à plusieurs reprises, du fil à retordre.

Mais baisser les bras n'est pas dans notre nature. Nous persévérâmes, et comme de bien entendu, il tomba !


Cette victoire à l'arrachée, nous sentions bien que nous l'avions méritée. Emplis d'une motivation nouvelle, ecstatiques presque, nous nous laissâmes aller à quelques facéties...


Mais la Demoiselle de Vertu nous attendait, et nous estimâmes qu'il eut été inconvenant de faire patienter plus longtemps la garce.

Bien que revêche, voire même capricieuse, pédante et insupportable, la dinde finit par faire connaissance avec son avenir : une mort brutale, arrosée par ses bourreaux sur son cadavre encore chaud, comme il se devait.


L'épreuve qui nous attendait alors, personne n'aurait pu l'imaginer... Qui eut cru qu'un jour, c'est au trac de l'artiste montant sur les planches que nous aurions à nous confronter ? Acteurs malgré nous d'une sinistre farce, forcé de rompre le cours d'une histoire pour en tuer les multiples protagonistes, nous tînmes bon, et aidâmes Dorothée et ses amis dégénérés à rejoindre leur destin : le fil de nos lames, la brûlure de nos arcanes.
Et ce ne fut pas cette grotesque sorcière, étrange trolle échapée d'on-ne-sait-comment, qui put y faire quoi que ce fut. Elle aussi chût, pliant genou devant nos méthodes. Refusant d'admettre sa défaite, elle eut la tête prestement arrachée, nul autre procès ne fut nécessaire.


Cette farce sinistre prit une fin heureuse pour nous, et tant pis pour le lyrisme.

Epuisés, fourbus mais heureux, nous nous retirâmes provisoirement, arpentant lentement ces couloirs vidés de haute lutte, nous posant tous cette même question : "et maintenant ?"

On parle d'un Conservateur. On parle d'arcanes. On parle d'un défi insurmontable. Peut-être. Mais qui aurait pu affirmer, il y a encore peu, que nous foulerions ce sol mythique et arpenterions ces couloirs chargés d'histoires et de légendes ? La bataille sera dure mais une chose sera toujours opposée à nos adversaires, contre laquelle ils ne pourront jamais rien : notre hargne, notre soif de découverte, notre goût du défi et par-dessus tout, la fusion de nos talents, l'émergence d'une force nouvelle et irrépressible.

Rideau !
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Re: La Tour

Message  Ealendil le Mar 10 Avr - 8:56

Magnifique reportage guerrier ! Ces larbins ont rencontré leur destin. D'autres ne se doutent pas encore de la mort qui les attend. Conservateur, nous arrivons !!!

Je dois bien avouer que parmi cette ribambelle de sales gueules, c'est la grande dinde qui m'a le plus agacée ! Ah, ah, ah !
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